Journée de la pastorale des personnes handicapées
A ne pas manquer...
DES ASSOCIATIONS FAMILIALES de la GIRONDE
vous invite à la conférence donnée par :
Françoise MEVEL
Psychopédagogue
« A corps et à cris »
Pour chercher à comprendre nos vies
de couples
Jeudi 7 Octobre 2010 à 20 h 30
Athénée Municipal, salle « Joseph Wresinski »
Bordeaux
Monseigneur Jacques Blaquart, nommé évêque d'Orléans nous quitte : voici son dernier éditorial...Partir

Partir ?!
Éditorial de Mgr Jacques Blaquart dans l'Aquitaine du 23 juillet 2010
Au moment d’écrire cet éditorial, je n’oublie pas que la moitié des Français ne partent jamais en vacances, faute de ressources. D’autre part, pour que certains puissent prendre un peu de repos, d’autres travaillent pour satisfaire leurs besoins. Ils ont droit à notre respect, les métiers saisonniers sont souvent précaires et éprouvants !Je pense aussi aux centaines de millions de personnes qui, à travers le monde, sont obligées de partir par contrainte, pour fuir un pays en guerre ou une situation économique dégradée. Si tant de migrants viennent frapper à la porte de notre pays, en prenant parfois des risques énormes, c’est par nécessité. Ils jouent bien souvent avec la mort pour assurer leur survie et celle de leurs familles. Si nous étions dans leur situation que ferions-nous ?Il faut entendre le témoignage des coopérants qui donnent une ou deux années de leur vie dans un autre pays, dans le cadre de la DCC, Fidesco, les MEP ou Point-Cœur. La rencontre avec d’autres cultures et des situations locales difficiles transforment le regard et la compréhension du monde.Certains – prêtres Fidei Donum et religieuses notamment – partent plus longtemps : des pays comme la Mongolie, le Brésil, le Cambodge nous sont devenus familiers grâce aux liens qui nous unissent à ces missionnaires.« Partir » évoque aussi pour nous ceux qui – prêtres et religieuses – ont reçu une nouvelle affectation dans notre diocèse. Ils quittent un lieu, s’arrachent parfois à l’affection d’une communauté pour répondre à l’appel.La Bible fourmille de ces appels de Dieu qui invitent à partir. Nous connaissons tous la Parole adressée à Abraham : « Quitte ton pays, ta famille et pars vers le pays que je t’indiquerai ! » (Gen 12) ou l’appel de Jésus à ses premiers disciples qui « laissent tout pour le suivre » (Mc 1, 18).Aujourd’hui encore, des jeunes – et des moins jeunes – vont répondre à la Parole du Seigneur en entrant au séminaire ou dans une congrégation religieuse.L’été reste propice pour des aventures limitées dans le temps mais qui peuvent être annonciatrices d’engagements pour toute une vie.Je pense en particulier à tous les camps scouts et guides, proches pour les plus jeunes ou plus lointains, par exemple au Sénégal, pour les aînés. Cette semaine, c’est la commune de Cussac Fort-Médoc qui accueille 8500 Scouts et Guides de France de quatorze à dix-sept ans, puis la semaine suivante mille « marins » des différentes associations scoutes. Notons aussi tous ceux qui marchent vers Compostelle, ou ces vingt jeunes qui, accompagnés par des séminaristes de notre diocèse, partent un mois à Calcutta pour servir auprès des plus pauvres, ou encore les sessions et pèlerinages à Paray-le-Monial, Lisieux ou Lourdes qui réunissent plusieurs milliers de personnes chaque semaine.Partir, sortir, vivre en dehors de chez soi éduque et fait grandir. Un jeune qui passe plusieurs jours loin de sa famille et dans un cadre porteur, en revient transformé.Partir pour se ressourcer est toujours possible sans aller loin : dans notre diocèse, des havres de paix et de prière, comme le Broussey, Verdelais ou l’abbaye du Rivet, accueillent pèlerins de passage et retraitants. D’autres lieux, comme le Carmel de Talence ou tout simplement les églises ouvertes, aident bien des personnes à s’arrêter et à prier.Partir est d’abord une aventure intérieure. Le témoignage des moines et moniales est éloquent. Après avoir, pour certains, voyagé dans de nombreux pays, ils ont compris qu’il leur fallait rentrer au-dedans d’eux-mêmes, à la recherche de Dieu, pour répondre à leur quête profonde.Il s’agit bien alors de « partir » vers des horizons plus cachés, vers l’Hôte intérieur qui seul peut combler les cœurs assoiffés d’infini.S’adressant à Dieu, Saint Augustin écrivait magnifiquement :« Je t’ai aimée bien tard, Beauté si ancienne et si nouvelle, Je t’ai aimée bien tard !Mais voilà : tu étais au-dedans de moi quand j’étais au dehors…Tu m’as appelé, tu m’as touché et je me suis enflammé pour obtenir la paix qui est en toi ».
+ Jacques BlaquartEvêque auxiliaire de Bordeaux
Un parcours pour les couples : Elle et Lui
Homélie du cardinal lors de la veillée pour la vie

Serviteurs joyeux et convaincus de l’Evangile de la vie !
Homélie de la veillée de prière pour la Vie
Cathédrale Saint-André - Mercredi 26 mai 2010
Chers frères et sœurs,
Vivre une veillée de prière, c’est par excellence vivre un temps de contemplation, d’action de grâce et d’intercession. Notre soirée n’est pas un meeting mais une démarche devant Dieu, vers Dieu et pour Dieu. En effet, l’Evangile de la vie qui nous réunit ce soir n’est ni un programme, ni une idéologie, mais une personne, le Christ. Dans son encyclique L’Evangile de la vie le pape Jean-Paul II l’affirme clairement : « L’Evangile de la vie n’est pas une simple réflexion, même originale et profonde, sur la vie humaine ; ce n’est pas non plus seulement un commandement destiné à alerter la conscience et à susciter d’importants changements dans la société…L’Evangile de la vie est une réalité concrète et personnelle, car il consiste à annoncer la personne même de Jésus. » (n° 29).
Contemplons ce soir Jésus, le Fils bien-aimé du Père. Il nous révèle ce que nous sommes dans le dessein de Dieu. En lui, nous avons été créés, sauvés, appelés à entrer gratuitement dans la communion du Père, comme des fils et des filles bien aimés. Pour réaliser cela, Lui qui est « la Vie » (Jn 14, 6), il nous communique sa vie. « Moi je suis venu, dit Jésus, pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » (Jn 10, 10). En Jésus nous découvrons que la vie humaine dans sa plénitude est un don de Dieu, est une expression de sa bénédiction. En Lui, nous découvrons également, que Dieu n’est pas seulement à l’origine de notre vie mais qu’il en est aussi le terme. Nous sommes faits pour la vie éternelle. C’est ce qui faisait dire à Saint Irénée : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu. » (Contre les Hérésies, IV, 20, 7). C’est ce don de la vie et cette élection par Dieu qui font que chaque être est unique, original, singulier aux yeux de Dieu. Dieu n’a-t-il pas gravé le nom de chacun sur les paumes de ses mains, selon la belle image du prophète Isaïe ? C’est cette unicité qui fonde l’éminente dignité de toute personne humaine. Jean-Paul II disait : « L’Evangile de l’amour de Dieu pour l’homme, l’Evangile de la dignité de la personne et l’Evangile de la vie sont un Evangile unique et indivisible. » (Idem, n° 2).
Dans l’évangile de la visitation que nous venons d’entendre nous voyons la rencontre de deux femmes, deux femmes enceintes. Les enfants qu’elles portent sont bien leur enfant. Pourtant l’un et l’autre sont des dons de Dieu et pas seulement parce qu’il s’agit de personnages d’exception, Jean-Baptiste et Jésus, mais parce que mystérieusement toute vie a sa source dans l’amour prévenant de Dieu. Elle requiert dès son origine l’action créatrice de Dieu.
Frères et sœurs, sachons, chacun, rendre grâce à Dieu pour le don de notre vie, pour celle de nos proches, pour celle des hommes, des femmes, des enfants qui sont nos compagnons de route. Merci, Seigneur, pour ta création, pour ton appel, pour ton amour, pour le Royaume que tu promets. Avec Marie, nous pouvons dire : « Mon âme exalte le Seigneur. Exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur. ».
Contempler le Christ dans l’Evangile, c’est aussi découvrir sa sollicitude pour tous ceux et celles qu’il rencontre, sa tendresse pour ceux dont la vie quotidienne semble contredire cette bénédiction de Dieu attachée à la vie : les foules qui ont faim, tous ceux qui souffrent dans leur corps, dans leur esprit ou dans leur cœur, les malades, les possédés, ces exclus que sont les lépreux, les prostituées ou les publicains. Jésus a une attention particulière pour ceux qui sont faibles ou fragiles : les enfants, les veuves, les pauvres, tous ceux qui sont sans défense. Le Christ invite ses disciples à venir à sa suite, à donner visage à son amour pour tous les hommes, à être les témoins et les serviteurs de son Evangile de vie. Il nous faut « prendre soin de toute la vie et de la vie de tous. » (Idem, n°87). Il nous faut promouvoir et défendre la vie humaine dans toutes ses dimensions, sans faire une sélection dans les causes, en fonction de nos opinions politiques ou idéologiques.
Servir l’Evangile de la vie implique qu’on vienne en aide aux populations qui sont sous-alimentées, qu’on mobilise les moyens nécessaires à lutter contre les épidémies et qu’on permette à chacun de pouvoir se soigner. L’appui à un développement solidaire reste aujourd’hui d’une brûlante actualité. La dernière encyclique du pape Benoît XVI « Caritas in Veritate » l’a récemment rappelé. La mobilisation pour la vie implique un engagement résolu dans le respect de notre environnement naturel et dans la sauvegarde du monde que nous allons laisser aux générations qui viennent. Mais le service de l’Evangile de la vie implique aussi une attention à l’écologie humaine, à la façon dont l’homme traite l’être humain et en particulier dans ses formes les plus fragiles et les plus dépendantes, que ce soit la personne handicapée, l’homme ou la femme en fin de vie, ou encore l’embryon. Le pape Benoît XVI écrit : « Si le droit à la vie et à la mort naturelle n’est pas respecté, si la conception, la gestation et la naissance de l’homme sont rendues artificielles, si des embryons humains sont sacrifiés pour la recherche, la conscience commune finit par perdre le concept d’écologie humaine, et avec lui, celui d’écologie environnementale. Exiger des nouvelles générations le respect du milieu naturel devient une contradiction, quand l’éducation et les lois ne les aident pas à se respecter elles-mêmes….Les devoirs que nous avons vis-à-vis de l’environnement sont liés aux devoirs que nous avons envers la personne considérée en elle-même et dans sa relation aux autres, et le pape ajoute ces paroles très fortes : On ne peut exiger les uns et piétiner les autres. » (Caritas in Veritate, n° 51).
Servir l’Evangile de la vie nous demande de rester vigilants pour défendre les droits de la personne humaine, de tout faire pour venir en aide à la personne en fin de vie, pour aider celle qui découvre avec angoisse qu’elle est enceinte, pour se sentir solidaires de ces parents qui ont fait le choix de garder leur enfant malgré la détection d’une malformation. Nous prierons ce soir le Seigneur pour tous ceux qui sont confrontés à ces situations, pour le personnel soignant, les familles, les communautés chrétiennes, pour ceux qui dans notre pays ont la responsabilité de voter les lois touchant la bioéthique, la famille, la vie sociale et la solidarité internationale. Prions tout particulièrement pour les familles qui ont besoin d’être soutenues socialement, économiquement et culturellement dans leur vocation à être des « sanctuaires de la vie » (Jean-Paul II : l’Evangile de la vie, n°94).
Comme la Vierge Marie qui se rendait en hâte vers une ville de la montagne de Judée pour aider sa vieille cousine Elisabeth qui était enceinte, que la prière de ce soir nous mobilise et nous engage. Que le Seigneur fasse de nous les serviteurs joyeux et convaincus de l’Evangile de la vie ! Amen.
Archevêque de Bordeaux

